mardi 31 décembre 2013

Interview d'Alain Ducasse, grand chef cuisinier



Alain Ducasse est un des plus grands chefs cuisinier au monde.

Il a été trois fois Trois Etoiles (Guide Michelin) avec trois restaurants :

- Le Louis XV à l’Hôtel Paris à Monte-Carlo (1990)
- Le Alain Ducasse au Plaza Athénée à Paris (1997)
- Le Alain Ducasse au The Dorchester à Londres (2010)


‘’Mon centre de gravité, c’est la cuisine. Je suis donc un cuisinier heureux !

Mon terroir mental est la réunion du Sud-Ouest d’où je viens et de la Méditerranée qui m’a séduit très tôt. Mais je suis aussi un cuisinier curieux et émancipé : mes racines me portent mais ne doivent en aucun cas m’attacher. Je voyage donc beaucoup, toujours à l’affût de nouvelles découvertes.’’


Il y a quelques jours, le 4 décembre 2013, à l’Hôtel Meurice à Paris, la célèbre société bretonne PME Jean Hénaff, située à Pouldreuzic dans le Finistère, a reçu un très convoité certificat du CNES, l’autorisant à élaborer des plats spéciaux destinés aux astronautes de la Station Spatiale Internationale, et qui seront concoctés par le chef Alain Ducasse.
(voir article sur Space Quotes - Souvenirs d'espace ici : http://spacemen1969.blogspot.fr/2013/12/2014-la-societe-henaff-senvole-vers-liss.html)

Ces plats sont mis en œuvre dans le cadre du programme ‘’Special Event Meal – SEM’’.

Ce programme SEM est mis en œuvre par le CADMOS (Centre d’Aide au Développement des Activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales situé à Toulouse) et par Ducasse Education Formation et Conseils (du groupe Alain Ducasse), qui ont initié ce programme en 2004.
Ce programme est chargé de fournir aux astronautes des repas de qualité pour célébrer des évènements particuliers, et surtout devant répondre aux exigences de l’alimentation en milieu spatial.

En 2014, il y aura 2 000 plats individuels conçus par les chefs de Ducasse Education Formation qui seront livrés au CNES. Ils ont été concoctés à partir de 25 recettes (voir sous l’interview).

 

Le site du Groupe Alain Ducasse : www.alain-ducasse.com

 
Interview effectuée en décembre 2013

 
Mr Ducasse, pourquoi avoir accepté ce défi de concevoir et de composer des plats pour les astronautes de l'ISS ?
Il y a des défis qui ne se refusent pas, surtout par quelqu’un comme moi qui aime beaucoup les relever !
Mais je n’ai pas accepté juste par goût de la performance gratuite. Cette expérience a été – et reste – très enrichissante, à la fois sur le plan technique et sur le plan culinaire.

C’est une magnifique occasion de réfléchir à la façon de se nourrir aujourd’hui.  

A quelles contraintes avez-vous dû faire face et comment avez-vous procédé pour y remédier ?
Les contraintes étaient nombreuses et surtout tout à fait nouvelles pour nous.

Certes, nous avons l’habitude des normes d’hygiène et de sécurité dans nos cuisines. Mais je peux vous dire que, si ces contraintes sont draconiennes sur Terre, elles le sont bien plus dans l’espace.

Par exemple, il faut que les mets ne soient pas trop secs pour éviter que des miettes se forment et soient inhalées par les astronautes ou aillent s’introduire dans les instruments de bord.

Il ne faut pas non plus qu’ils soient trop humides pour éviter la formation de bulles qui sont également dangereuses pour l’organisme. Et la présence de bactéries est totalement proscrite pour des raisons sanitaires évidentes.

Quels types de plats avez-vous conçu ?
La carte est très longue puisqu’il y a presque trente plats – œuf, viande, poisson, légumes, céréales et bien sûr dessert.

Je me suis permis quelques clins d’œil à mon Sud-ouest natal avec du poulet des Landes et du magret de canard.

J’ai aussi voulu évoquer la cuisine de la Méditerranée qui m’est si chère avec un dos d’espadon façon Riviera et un saumon accompagné de citron confit de Menton. Et nous proposons une demi-douzaine de desserts, depuis le gâteau au chocolat jusqu’au mille feuilles de fruits frais.     

A titre personnel, aimeriez-vous, vous même aller dans l'espace et pourquoi ?
J’avais prévu de faire un vol parabolique pour avoir une expérience de l’apesanteur mais le projet n’a finalement pas pu se réaliser.
Il ne me reste plus qu’à attendre le premier habité vers Mars ! Je pourrais peut-être y ouvrir un restaurant ?
 
Avez-vous un souvenir de la mission Apollo 11 et du premier homme sur la Lune ?
Le 20 juillet 1969, j’avais presque 13 ans.
C’était un dimanche soir, toute la famille était réunie devant la télévision pour voir les images de Neil Armstrong et Edwin Aldrin.
Nous étions tous fascinés, comme les quelques centaines de millions de Terriens qui voyaient le spectacle.


Voici les 25 plats concoctés et qui seront conçus :

Muesli
Cheese Cake
orceaux de Pommes Fondantes
Céleri Rave en délicate purée
Gâteau au chocolat
Caponata
Carottes Fanes
Gâteau de semoule aux abricots secs
Gâteau d’Omelettes, Tomates et Herbes
Saumon, citron confit de Menton
Magret de canard confit, condiment aux câpres
Cailles rôties
Dos d’Espadon façon riviera
Volaille épicée, sauté de légumes à la thaï
Effiloché de volaille en Parmentier
Millefeuilles de fruits frais
Epaule d’agneau confit à la sauge, orge perlé, tomates confites
Volaille jaune des landes cuisinée comme une poule au pot, sauce suprême
Homard Breton, quinori bio aux algues, condiment citron de menton
Saumon d’écosse, tomates confites et aubergines grillées
Joues de Boeuf façon Bourguignon, carottes et champignons
Légumes, réduction d’un sirop de tomates de Marmande épicé
Oeuf bio en cocotte, condiment basquaise
Filet de maigre, pommes de terre à la fourchette, piquillos et piment d’Espelette
Crémeux au citron cuit au four

jeudi 19 décembre 2013

19 décembre 2013 - Le satellite Gaia en route pour cartographier notre galaxie

Ce matin, il y a trois heures, à 10h12 (heure de Paris), le satellite Gaia s’est envolé depuis le Centre Spatial Guyanais à Kourou.
Il a été lancé par un lanceur Soyouz-Frégat VS06.


(Crédit : ESA)

Le Satellite Gaia est dédié à une mission astrométrique développée par l’ESA.

C’est une mission qui sera consacrée à la cartographie en 3D, à la mesure, à la distance ainsi que du mouvement de plus de 1 milliards d’objets célestes de notre galaxie (soit environ 1% de la Voie Lactée).

 
Sélectionné en 2000 par l’ESA dans le programme Horizon 2000+, Gaia succède au satellite Hipparcos lancé en 1989. La durée de la mission est de 5 ans.

Gaia doit son nom à l’acronyme d’origine : Global Astrometric Interferometer for Astrophysics, même si l’interférométrie initialement prévue a été abandonnée.

Le maître d’œuvre de la construction de Gaia est EADS / Astrium avec la participation d’une trentaine de sociétés d’une quinzaine de pays européens et des Etats-Unis.

Le chef du programme est Giuseppe Sarri.

Il y a deux logos pour cette mission. Le premier, l’original, est celui conçu par l’ESA. Le second, a été conçu pour l’équipe du programme par Joël Schopfer, étudiant en arts graphiques en Suisse et neveu d’Ared Schnorhk, le responsable intégration de Gaia sur le lanceur.

 
Gaia pèse deux tonnes réparties avec une plateforme de 920 kg, 710 kg de charge utile, 335 kg d’ergols et 60 kg de gaz.

Gaia a la forme d’un prisme hexagonal de 3,50 mètres de haut pour 3,00 mètres de diamètre. Avec le pare-soleil, le diamètre est de 10,5 mètres.

Architecture de Gaia


 La plateforme est une sorte de cylindre d’un mètre de haut pour 3 de diamètre. Elle possède tous les équipements chargés de faire fonctionner le satellite :

- Système de propulsion à ergols liquides constitué de 8 petits moteurs-fusées
- Système de propulsion à gaz froid (azote) chargé des corrections d’orbite
- Des panneaux solaires d’une puissance de 1,91 kW d’énergie toujours dans la direction du soleil
- Un ordinateur de bord avec un microprocesseur ERC32. Celui-ci possède un PDHU (Payload Data Handling Unit) qui stockera les données et les images des télescopes
- Contrôle d’attitude et d’orientation d’une précision incroyable et ne générant aucunes vibrations. Pour cela, trois gyromètres à fibre optique remplacent les gyroscopes mécaniques traditionnels. Le contrôle d’attitude est complété avec des viseurs d’étoiles et avec trois capteurs solaires de grande précision
- Une antenne à moyen gain pour transmettre les données, et de forme spéciale pour éviter les vibrations.

Le pare-soleil est déployable et entoure la base du satellite. Constitué de 12 panneaux isolants portant le diamètre à 10,5 mètres qui se développeront en orbite grâce à des ressorts et moteurs électriques, ce pare-soleil dot maintenir le satellite constamment à l’ombre.

Avec celui-ci, une sorte de ‘’tente thermique’’ en fibre de carbone protège aussi la charge utile des micrométéorites et des rayons cosmiques.

La charge utile se trouve dans un cylindre de deux mètres de haut pour 3 mètres de diamètre. C’est là que se trouve tous les instruments dont Gaia aura beson pour remplir sa mission :

Deux télescopes observant dans deux directions différentes formant un angle de 106,5°. Le plan focal commun fait que les images arrivent avec une taille de 1,0 x 0,5 mètre, soit 1 milliard de pixels (4500x1966 pixels pour 106 CDD).

Trois autres instruments, utilisant le plan focal commun (voir ci-dessus) sont placés sur le chemin de la lumière récoltée par les télescopes :

- Instrument astrométrique AF dédié à la mesure angulaire des étoiles de magnitude 5,7 à 20
- Instrument spectrophotométrique qui utilise deux prismes pour l’acquisition des spectres d’étoiles
- Spectromètre haute résolution permettant de mesurer la vitesse radiale des étoiles

(Crédit Photos : Space Quotes - Souvenirs d'espace / Stéphane Sebile)
 
La mission

 Gaia est lancé par un Soyouz-Fregat qui doit lui permettre de rejoindre les environs du point de Lagrange L2 en 30 jours. Gaia sera ainsi placé à 1,5 million de kilomètres de la Terre. Cette position permet ainsi à Gaia d’être en équilibre ‘’quasi parfait’’ entre l’orbite terrestre et l’orbite solaire, et ainsi de pouvoir accompagner la Terre dans son périple autour du Soleil (sur une orbite appelée Lissajous).

 
Sa mission scientifique est prévue pour au moins 5 ans sans discontinuer.

Les observations de Gaia de notre Voie Lactée permettront : 
 
- D’étudier la formation de notre galaxie et l’évolution de celle-ci
- D’étudier la structure spatiale et cinématique de toutes les parties de notre galaxie
- Détermination de l’âge des étoiles et l’âge des plus vieux objets
 
Gaia va également détecter de nombreuses planètes extrasolaires par une observation dite de ‘’transit’’ et pourra peut-être mesurer les caractéristiques de certaines d’entre elles (on parle jusqu’à 65 000 planètes extrasolaires détectées par Gaia).
 
Gaia observera également plusieurs milliers d’astéroïdes situés dans la ceinture d’astéroïdes entre Mars et Jupiter. Par contre, Gaia ne pourra pas observer beaucoup d’objets de la ceinture de Kuiper. Mais Gaia pourra la plupart des astéroïdes troyens situés entre Jupiter et Saturne.
 
Les données scientifiques sont transmises 11 heures par jour à la station de réception terrestre de Cerrebros en Espagne sur une antenne de 30 mètres de diamètre. Et ensuite transmises à l’ESAC (European Space Astronomy Centre) à Villafranca près de Madrid, qui les transmettra aux scientifiques du programme Gaia.
 
Gaia est contrôlé depuis l’ESOC (Centre Européen des Opérations Spatiales) situé à Darmstadt en Allemagne.

(Les missions ESA dans l'observation du spectre)
 

 

lundi 16 décembre 2013

2014 - La Société Hénaff s'envole vers l'ISS



(Crédit : Ducasse / Hénaff / CNES)

Il y a quelques jours, le 4 décembre 2013, à l’Hôtel Meurice à Paris, la célèbre société bretonne PME Jean Hénaff, située à Pouldreuzic dans le Finistère, a reçu un très convoité certificat du CNES, l’autorisant à élaborer des plats spéciaux destinés aux astronautes de la Station Spatiale Internationale, et qui seront concoctés par le chef Alain Ducasse.

Pour cette occasion, le directeur de la société PME Jean Hénaff, Loïc Hénaff, était entouré de Lionel Suchet, le directeur-adjoint du Centre Spatial du CNES à Toulouse, et des astronautes français Michel Tognini et Jean-Pierre Haigneré.

Le ‘’précieux’’ certificat remis par Lionel Suchet est une reconnaissance des compétences de la société Hénaff qui ont été mis en œuvre dans le cadre du programme ‘’Special Event Meal – SEM’’.

(Loïc Hénaff et Lionel Suchet lors de la remise du certificat
Crédit Photo : APL / Le Télégramme)

Ce programme SEM est mis en œuvre par le CADMOS (Centre d’Aide au Développement des Activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales situé à Toulouse) et par Ducasse Education Formation et Conseils, qui ont initié ce programme en 2004.

Ce programme est chargé de fournir aux astronautes des repas de qualité pour célébrer des évènements particuliers, et surtout devant répondre aux exigences de l’alimentation en milieu spatial.

C’est en 2011 que la PME Jean Hénaff, grâce à l’agrément USDA (référence fiabilité des modes de fabrication) rejoint le programme.

Cet agrément est requis par l’administration américaine et il y a très peu d’entreprises françaises qui le possèdent.

C’est dans son département Recherche et Développement, situé à Pouldreuzic, qu’ont été préparés ces plats ‘’spatiaux’’.

En 2014, il y aura 2 000 plats individuels conçus par les chef de Ducasse Education Formation qui seront livrés au CNES. Ils ont été concoctés à partir de 25 recettes (voir plus bas).


Il fallait régler absolument les étapes clés, pour la société bretonne.

En premier, le sertissage parfait des boites en aluminium ultra léger, afin de garantir une étanchéité absolue.

En second, l’appertisation qui préserve, selon le format de la boite et de ses ingrédients, le réglage avec précision du chauffage, au niveau du temps et de la température.

L’objectif de ces deux étapes clés, qui ont conduit à la certification, est de préserver bien sûr, les propriétés gustatives et nutritives de ces plats. Les astronautes retrouveront toutes les saveurs de la terre et le plaisir du goût. Et bien sûr, sans contaminations quelles qu’elles soient.

En plus de ces deux étapes clés, il fallait aussi respecter les ‘’charges’’ du programme (d’après le programme) :

- De respecter la sécurité et l’hygiène avec des résultats microbiologiques parfaits, soit le zéro bactérie,
- D’obtenir un faible taux d’humidité résiduel pour ne pas générer des bulles de liquide flottant dans la station,
- De ne pas générer des miettes trop sèches qui pourraient être inhalées… tout en conservant toutes les qualités organoleptiques d’un plat de qualité.

Depuis 2004 la branche Formation et Conseils de Ducasse Education collabore avec le CNES et l’ESA pour la création d’une gamme complète de repas goûteux, équilibrés, diététiques et nutritifs destinés aux astronautes. 25 recettes ont été certifiées et qualifiées pour la Station Spatiale.

Ces "repas français", selon l’expression russe, complètent la nourriture quotidienne fournie par les Russes et les Américains, les seuls accrédités dans les protocoles internationaux. Toutefois, la proposition française ne concerne pas uniquement les repas exceptionnels, dits «Special Event Meals», dégustés lors d’événements particuliers, comme les relèves d’équipage ou à l’occasion d’une sortie extravéhiculaire, ces repas sont également utilisés lors de protocoles scientifiques de nutrition comme par exemple pour l'expérience française Energy suivie par le CADMOS au CNES.

L’association des 3 partenaires, bien rôdée aujourd’hui, a fait ses preuves et permet d’inscrire ce programme hors du commun dans la durée.

«Le projet pédagogique initié à Souillac est devenu une activité professionnelle de haute qualité répondant à un double objectif scientifique et opérationnel. Grâce à l’excellence de nos partenaires reconnus internationalement, nous avons maintenant tous les agréments nécessaires pour faire voler ces plats sur la Station Spatiale Internationale, tout en permettant à la culture française d’être présente et appréciée au-delà de l’atmosphère terrestre», selon Lionel Suchet.

Voici les 25 plats concoctés et qui seront conçus :

Muesli
Cheese Cake
Morceaux de Pommes Fondantes
Céleri Rave en délicate purée
Gâteau au chocolat
Caponata
Carottes Fanes
Gâteau de semoule aux abricots secs
Gâteau d’Omelettes, Tomates et Herbes
Saumon, citron confit de Menton
Magret de canard confit, condiment aux câpres
Cailles rôties
Dos d’Espadon façon riviera
Volaille épicée, sauté de légumes à la thaï
Effiloché de volaille en Parmentier
Millefeuilles de fruits frais
Epaule d’agneau confit à la sauge, orge perlé, tomates confites
Volaille jaune des landes cuisinée comme une poule au pot, sauce suprême
Homard Breton, quinori bio aux algues, condiment citron de menton
Saumon d’écosse, tomates confites et aubergines grillées
Joues de Boeuf façon Bourguignon, carottes et champignons
Légumes, réduction d’un sirop de tomates de Marmande épicé
Œuf bio en cocotte, condiment basquaise
Filet de maigre, pommes de terre à la fourchette, piquillos et piment d’Espelette
Crémeux au citron cuit au four

 
Interview de Loïc Hénaff, directeur de la société Hénaff, pour Space Quotes – Souvenirs d’espace
 
Mr Hénaff, pourquoi avoir accepté ce défi de concevoir et de composer des plats pour les astronautes de l'ISS ?
L’entreprise JEAN HENAFF est très fière de ce partenariat avec Alain Ducasse et le CNES.
Cela nous permet de démonter notre capacité à répondre aux cahiers des charges les plus exigeants qui soient tout en apportant notre pierre à l’édifice pour porter haut la gastronomie française.
En effet la solution de facilité eût été pour Monsieur Ducasse de réaliser ces plats aux USA mais il a souhaité que ce soit une entreprise Française qui les fabrique.
 
A quelles contraintes avez-vous dû faire face et comment avez-vous procédez pour y remédier ?
L'espace exige du zéro défaut quelles que soient les contraintes.
Les produits doivent être très très bons et parfaitement sûrs. Ce qui exige une parfaite maîtrise de la stérilisation. En effet faire des produits sûrs est assez simple, il "suffit" de les "sur-stériliser". Mais ici il s'agit de faire des plats gastronomiques.
Il faut donc développer une grande maîtrise de la stérilisation plat par plat, recette par recette tout en conservant les hautes qualités organoleptiques, un vrai défi.
 
Quels types de plats avez-vous conçu ?
Les plats ont été conçus par les équipes de Monsieur Ducasse.
On y trouve des entrées, des plats et des desserts dignes d'un très grand restaurant.
Notre mission a été de dresser ces plats dans des boîtes de conserves en forme de coupelles plutôt que sur des assiettes !
 
A titre personnel, aimeriez-vous, vous même aller dans l'espace et pourquoi ?
A titre très personnel je doute avoir le cran nécessaire pour une telle aventure.
Au-delà des autres contraintes je crois qu'il faut avoir une énorme confiance dans la technique déployée et un courage hors du commun.
Je me tourne plutôt vers d'autres lieux inexplorés, sous-marins par exemple.
 
Avez-vous un souvenir de la mission Apollo 11 et du premier homme sur la Lune ?
Non, je n'étais pas né ! Mais je me souviens extrêmement bien du décollage de Columbia en 1981. J'avais d'ailleurs une maquette du lanceur dans ma chambre...
 

 
Sources :
(D’après l’article de Le Télégramme du 5 décembre 2013 par Samuel Ribot de l’ALP)

Forum Pionniers de l’Exploration Spatiale
http://spatiopionniers.forumactif.org/t4-la-bretagne-s-invite-dans-l-espace

Communiqué de Presse PME Jean Hénaff)

samedi 14 décembre 2013

14 décembre 2013 - La Chine se pose et roule sur la Lune


Aujourd'hui, 14 décembre 2013, à 14h11 (heure de Paris), l'atterrisseur chinois Chang'e 3嫦娥三号 / déesse de la Lune) s'est posé sans difficulté sur la surface de la Lune sur Sinus Iridum (le golfe des Iris).

(La Déesse de la Lune Chang'e)
La Chine devient ainsi la troisième puissance spatiale à réussir un alunissage (après les américains et les russes).
 
Dans la soirée, vers 22h00 (toujours heure de Paris), le petit module Yutu (玉兔 / Lapin de Jade), un petit rover, devrait descendre de son atterrisseur et effectuer ses premiers tours de roues sur le sol sélène quelques heures plus tard. Le Lapin de Jade est associé dans la mythologie chinoise à l'ombre sur la surface lunaire qui aurait la forme d'un lapin.


C'est le 1er décembre dernier, qu'une fusée CZ-3B a décollé depuis la base de lancement de Xichang emportant vers la Lune la sonde Chang'e 3 et son rover Yutu.

(Crédit : LM-5 / Capture)

Chang'e 3 est la troisième sonde lunaire chinoise, après Chang'e 1 en 2007 et Chang'e 2 en 2010 (celle-ci avait cartographié la Lune en 3D et après avait survolé l'astéroïde Toutatis).

(Commémoration Chang'e 1)
Mais cette fois-ci, l'ambition est plus grande puisque le but de cette mission est de se poser sur la Lune et de déployer un rover.

C'est chose faite aujourd'hui... 37 ans après la dernière visite humaine, via Luna 24 en 1976, l'homme est de retour sur la Lune... et ce 14 décembre, est aussi le jour où le dernier homme, Gene Cernan, y aura fouler le pied, avec Apollo 17 en 1972.

Chang'e 3, d'un poids de 2,7 tonnes (rover compris), a fait un trajet ''direct'' pour se placer sur une orbite 100 x 15 km.

Une phase de freinage s'est faite jusqu'à environ 100 mètres d'altitude grâce à un système de rétrofusées. puis à proximité du sol, vers 3-4 mètres, les rétrofusées se coupent, et Chang'e 3 se pose. Un atterrissage-alunissage un peu ''violent''.

Une fois arrivée, la sonde déploie le petit rover qui touche le sol lunaire à 22h10 environ (heure de Paris).


On peut dire qu'avec cette mission, une totale réussite tant du point de vue technique que du point du vue de la communication, la Chine fait un grand pas en avant dans la technologie spatiale.

Par cet exploit, les chinois montrent qu'ils maîtrisent totalement la gestion d'une telle mission : trajectoire, gestion des moyens techniques et humains, et communications avec et entre les sondes.

Les chinois ambitionnent par la suite de préparer des retours d'échantillons avec les missions Chang'e 4 en 2015 et le retour effectif d'échantillons sur Terre en 2017 avec Chang'e 5. On parle aussi d'une mission martienne.

Mais revenons un peu sur Yutu, ce petit rover qui permet à la Chine d'asseoir sa puissance spatiale. C'est un petit rover de 120 kg environ qui doit fonctionner environ 3 mois sur la surface lunaire. Il évoluera en mode automatique et possède un logiciel d'évitement. Ce qui lui sera utile, car l'atterrisseur Chang'e 3 a atterrit près d'un cratère.

Le rover est équipé de plusieurs instruments scientifiques. Il a été annoncé :

- un bras articulé muni d'un spectromètre PAX (émission par rayons X) à l'extrémité de celui-ci
- un spectromètre à infrarouge
- un Radar
- une caméra panoramique (il nous faut des images ;-) )
- une caméra de navigation (avec le système d'évitement)

On remarche, ou plutôt,
on roule de nouveau sur la Lune

Ce sera la 6ème fois que l'on roule sur la Lune.

Il y a eu auparavant :
- Lunakhod 1 de novembre 1970 à octobre 1971 et il fera 10,5 km
- Apollo 15 du 30 juillet au 2 août 1971 / les astronautes Dave Scott et Jim Irwin rouleront 27,7 km
- Apollo 16 du 21 au 24 avril 1972 / les astronautes John Young et Charlie Duke rouleront 26,5 km
- Apollo 17 du 11 au 14 décembre 1972 / Les astronautes Gene Cernan et Harrison Schmitt rouleront 35,8 km
- Lunakhod 2 de janvier à mai 1973 et qui roulera 42 km




C'est effectivement un bel exploit technique, mais surtout politique pour la Chine. Car il ne faut pas oublier qu'il y a 40 ans, voir ci-dessus, que cet exploit a été réalisé à plusieurs reprises, et aussi sans essais en grandeur nature.
 
Certains vont se demander pourquoi l'Europe ne l'a pas fait aussi. C'est un choix politique, car c'est la politique qui décide d'un programme spatial aussi ambitieux, de ne pas aller sur la Lune pour l'Europe. Mais il ne faut pas oublier que l'ESA (l'Europe spatiale) s'est posé sur Titan ;-)
 
Pour la Chine, après les prochaines missions Chang'e 4 et 5, ce sera certainement le tour de l'homme sur la Lune vers 2025-2030. Mais cela est un autre type de programme.



mardi 26 novembre 2013

25ème anniversaire de la mission Soyouz TM-7 Aragatz / 1988 - 2013




Le 26 novembre 1988, il y a exactement 25 ans, en fin d’après-midi (heure locale), décollait la mission Soyouz TM-7 / Aragatz.
A bord de la capsule Soyouz se trouvent les cosmonautes Alexandre Volkov, Commandant et 2ème vol, Sergueï Krikalev, 1er vol, et le français Jean-Loup Chrétien, premier français dans l’espace qui effectue là son second vol.
 

La mission s'appelle Aragatz, en hommage au Mont Aragatz en Arménie, qui était le lieu où fût signé l'accord pour ce deuxième vol spatial européen. On peut lire parfois aussi la dénomination VLD comme Vol de Longue Durée.
 
Le décollage, originellement prévu le 21 novembre, a été décalé au 26 novembre, afin de permettre au Président de la République Française François Mitterrand d’assister au décollage.

(FDC Départ CNES signé par Jean-Loup Chrétien)

Après 2 jours de vol, l’équipage s’arrime à la station spatiale MIR le 28 novembre.
Ils rejoignent l’équipage résident composé de 3 cosmonautes, ce qui fait qu’il y aura 6 personnes à bord de MIR pendant presque un mois.
L’équipage résident se compose de Valery Poliakov, de Vladimir Titov et de Musa Manarov. Ces deux derniers sont dans l’espace depuis 11 mois.

La mission n’a pas été ‘’de tout repos’’ car MIR alors était encore petite. L’espace à bord n’était pas prévu pour 6 personnes. L’encombrement du matériel emporté par les Progress (notamment pour les expériences françaises) a été très gênant, et tous les ports d’attache de MIR étaient occupés.

(Enveloppe ayant voyagé dans MIR signée par Jean-Loup Chrétien)
 
Le 9 décembre 1988, Jean-Loup Chrétien et Alexandre Volkov effectue une EVA d’une durée de 5h57. Jean-Loup Chrétien devient ainsi le premier français et le premier non-russe ou non-américain à effectuer une EVA.
Des tests lors de cette sortie extravéhiculaire ont été effectués dans le cadre du programme européen Hermes (qui sera abandonné au début des années 1990). Une structure déployable, ERA, a également été testée. Celle-ci ne se déployant pas, Alexandre Volkov donna un coup de pied dedans, avec succès.

 
Le 21 décembre 1988, après un vol de 24 jours et 18 heures, Jean-Loup Chrétien retourne sur Terre à bord de la capsule Soyouz TM-6, avec les cosmonautes Titov et Manarov, qui battent ainsi le record de durée dans l’espace, à l’époque, en étant restés en orbite 365 jours et 22 heures !

 

Quelques photos de Jean-Loup Chrétien en vol et à l'entrainement.


Le Logo de la mission spatiale est l’œuvre de l’artiste Didier Bécet. Il sera repris pour un timbre français commémoratif en mars 1989 (voir le sujet ici : )

(1er Jour du timbre signée par l'artiste Didier Bécet et par Jean-Loup Chrétien)
Le scaphandre Sokol utilisé par Jean-Loup Chrétien est entreposé au CNES, à Paris, et est présenté ponctuellement au public lors de certaines manifestations. La dernière fois, c’était lors du Salon Philatélique au Parc Floral de Vincennes en 2012 (sujet ici :

La capsule, Soyouz TM-7, se trouve au Musée de la Cosmonautique à Moscou :
http://souvenirsdespace.lebonforum.com/t137-capsule-soyouz-tm-7-jean-loup-chretien-mission-aragatz-1988

Voir aussi la longue interview de Jean-Loup Chrétien accordée à Space Quotes – Souvenirs d’espace, où il parle, entre autre, de la mission Aragatz
http://spacemen1969.blogspot.fr/2010/02/rencontre-avec-jean-loup-chretien.html

 Jean-Loup Chrétien parle aussi de cette mission et des autres dans plusieurs ouvrages :
http://souvenirsdespace.lebonforum.com/t9-les-livres-ecrits-par-jean-loup-chretien-ou-en-collaboration-avec


 

mardi 12 novembre 2013

Disparition du cosmonaute Alexandre Serebrov (1944 - 2013)

Nous avons appris, ce mardi 12 novembre 2013, la disparition du cosmonaute Alexandre Serebrov qui s'est éteint soudainement cet après-midi dans son domicile à la Cité des Etoiles à Moscou. Il avait 69 ans.

 
Né le 15 février 1944 à Moscou, Alexandre Serebrov est diplômé du Moscow Physics Technological Institute. Il travaille ensuite chez Energia en tant qu'ingénieur pour le programme spatial.

En 1978, il est sélectionné comme cosmonaute.

Il effectuera 4 missions spatiales :

- Soyouz T-7 : 19 au 27 août 1982
- Soyouz T-8 : 20 au 22 avril 1983
- Soyouz TM-8 : 5 septembre 1989 au 19 février 1990
- Soyouz TM-15 : 1er juillet 1993 au 14 janvier 1994

Il passera en tout 372 jours dans l'espace.
 
Sa première mission, Soyouz T-7, a lieu du 19 au 27 août 1982, avec les cosmonautes Leonid Popov et Savitskaïa. L'équipage s'amarre à Saliout 7.
 
L'équipage revient sur Terre à bord de la capsule Soyouz T-5.

(Alexandre Serebrov à bord de Saliout 7 lors de la mission Soyouz T-7)
(Timbre hommage russe de la mission Soyouz T-7)

Le 20 avril 1983, il part pour sa seconde mission avec les cosmonautes Vladimir Titov et Gennady Strekalov pour la mission Soyouz T-8. Le but principal de la mission était de s'amarrer à la station Saliout 7 afin de réparer un panneau solaire. Mais à cause d'un problème d'antenne, l'amarrage ne put avoir lieu (même en manuel) et la mission rentra sur Terre au bout de deux jours.

(Enveloppe signée par l'équipage Soyouz T-8)

Il décolle pour sa troisième mission le 5 septembre 1989 pour une mission longue durée à bord de MIR avec Alexandre Viktorenko, mission Soyouz TM-8, où l'équipage devient le 5ème équipage résident sur MIR (d'où aussi l'appellation MIR 5).
 
L'arrimage se fit de façon manuel à cause d'un disfonctionnement du système de rendez-vous Kurs.
 
L'équipage s'occupa aussi de s'occuper de la mise en route du module Kvant-2, arrivé le 6 décembre.
 
Il y eut 5 EVA lors de cette mission. Lors de la 4ème, le 1er février 1990, Serebrov testa le fauteuil spatial russe Ikar (ou Ikarus) et s'éloigna à 33 mètres de MIR (mais il y avait un câble de sécurité relié à MIR au cas où). Viktorenko testa Ikar lors de la 5ème EVA et s'éloigna de 45 mètres.
 
L'équipage revient sur Terre le 19 février 1990 après 166 jours dans l'espace.

 
 Pour son 4ème et dernier vol, Serebrov s'envole le 1er juillet 1993 avec l'équipage de Soyouz TM-17 Altair, Vassili Tsibiliev et le français Jean-Pierre Haigneré. Après le départ d'Haigneré, Tsibiliev et Serebrov deviennent le 14ème équipage résident de MIR.
 
Le 14 janvier 1994, l'équipage quitte MIR pour se préparer à retourner sur Terre. Il est prévu que l'équipage fasse une inspection et des photos autour de MIR, et principalement du module Krystall. Lors de la manœuvre, la capsule Soyouz TM-17, pilotée par Vassili Tsibiliev, percute le module Krystall. Plus de peur que de mal, mais l'équipage peut rentrer sans encombre sur Terre le jour même après 196 jours de vol.

 
Alexandre Serebrov était un des astronautes / cosmonautes les plus expérimentés et avait à son actif 10 sorties extra-véhiculaires(EVA).

Il quitte le corps des cosmonautes en 1995. 
 
Il était venu faire une conférence à Paris en avril 2011, à l'UNESCO, pour célébrer le 50ème anniversaire du vol de Gagarine.

(Crédit : Space Quotes - Souvenirs d'espace / Stéphane Sebile)
 
(Alexandre Serebrov signant quelques photos après sa conférence à l'UNESCO)