dimanche 24 février 2013

Vivre dans l'espace à bord de la Station Spatiale Internationale


Vivre dans l’espace à bord de la Station Spatiale Internationale… telle était la conférence qui se tenait ce samedi après-midi à la Mairie du 15ème arrondissement à Paris.

Organisée par la Mairie du 15ème, le club Apollo, la 3AF et l’ESA, cette conférence a réunit énormément de personnes, adultes et enfants, qui sont venus écouter de vrais astronautes racontant leur(s) expérience(s) de vol à bord de la navette spatiale, de la Station Spatiale Internationale, d’un vaisseau Soyouz…

L’après-midi a commencé avec une présentation organisée par la 3AF (Association Aéronautique Astronautique de France) et concernant les métiers de l’aérospatiale. Cela a permis à beaucoup des jeunes de découvrir les différents métiers qu’ils peuvent exercer.

A partir de 15h, venait un des grands moments de cet après-midi consacré à l’espace. Dans une des salles de la mairie, trois astronautes venaient à la rencontre du public :

-  l’américaine Pamela Melroy, ancienne astronaute de la NASA et deuxième femme pilote et commandant d’une navette spatiale (3 missions : STS-92 / STS-112 et STS-120)

-  Jean-François Clervoy, astronaute français de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), qui a volé 3 fois à bord de la navette spatiale (STS-66 / STS-84 et STS-103)

-  Leopold Eyharts, astronaute français également de l’ESA, qui est un des rares astronautes à avoir volé, à la fois sur une capsule russe Soyouz (Soyouz TM-27) et la navette spatiale (STS-122)

Le principe de ce premier évènement était de mettre en contact les astronautes en libre rencontre avec le public présent, pour un échange informel, amical et original. Chacun pouvait demander un autographe, poser une ou plusieurs questions à ou aux astronautes. Le succès a été tel que la petite salle où cela se passait a été très vite remplie par un public enthousiaste. Au bout de quelques minutes, cela n’était plus tenable, et tout le monde est monté à l’étage, dans la salle des fêtes, pour continuer en toute sérénité et en toute sécurité, cette rencontre de libre-échange.

Les astronautes ont été incroyablement disponibles et se sont prêtés de bonne grâce à cette rencontre. Pamela Melroy a bien sûr, eut énormément de succès, et n’a pas hésité à demander en français, le nom de ses interlocuteurs. Je tiens à remercier encore Pierre-Emmanuel Paulis, vous savez le ‘’papa’’ de Tania, qui a traduit pour Pamela Melroy les questions du public.

Après cette rencontre plus que sympathique, se tenait le ‘’gros’’ morceau de cette journée : la conférence proprement dite…qui a débutée à 16h00.

Après une petite allocution du député-maire Philippe Goujon, nos trois astronautes ont débuté cette conférence qui au final, durera plus de deux heures.

Jean-François Clervoy a commencé. Il a surtout parlé des vols en Zéro G à bord de l’Airbus de Novaspace. Il a superbement expliqué, surtout pour les plus jeunes, le principe du vol en Zéro G, du vol en gravité martienne ou lunaire. Le tout accompagné de vidéos explicatives. Il a aussi parlé de la mise en place des premiers vols paraboliques pour le grand public qui viennent de s’ouvrir.
Le public a pu poser pas mal de questions concernant les vols paraboliques.
 
Voici Jean-François Clervoy en ‘’apesanteur’’ lors de la conférence.
 
Pamela Melroy a ensuite expliqué essentiellement sa dernière mission (ndlr = STS-120 en 2007). Le public a pu apprendre que Pamela Melroy a toujours voulu être pilote et astronaute et cela depuis qu’elle a deux ans.

Elle est donc devenue pilote puis pilote d’essais avant d’intégrer la NASA où elle est devenue pilote de navette puis commandant de navette spatiale (la 2ème femme à devenir commandant de navette).

Elle a donc parlé de sa dernière mission et du but de celle-ci. Surtout de la réparation d’un des panneaux solaires de la station spatiale qui s’était déchiré. Des incroyables travaux de ‘’coutures’’ effectués lors d’une sortie extra-véhiculaire (EVA par Scott Parazynski) et de la dangerosité de cette partie de la mission.

Elle a partagé également des photos de cette mission nous montrant exactement les travaux sur les panneaux solaires.

Après sa présentation, le public a également pu échanger avec Pamela Melroy et lui poser plein de questions.

Leopold Eyharts a terminé cette conférence avec une présentation de la Station Spatiale Internationale (il y a passé 48 jours en 2008) et de la vie à bord de celle-ci, accompagnées de photos et d’une visite filmée de l’ISS (par l’astronaute ESA André Kuipers).
Le public a pu aussi poser des questions.

Par ailleurs, parmi le très très nombreux public (beaucoup d’enfants), se trouvaient les astronautes européens Michel Tognini (France) et Reinhold Ewald (Allemagne).
 
 
Cette conférence a été en tout point remarquable, et passionnante (Maddy a adoré).

jeudi 7 février 2013

7 février 2008 - 5ème anniversaire du Module Columbus de l'ESA

Ce 7 février 2008, la navette spatiale Atlantis décolle de Cape Canaveral pour la mission STS-122.
A son bord, l'équipage de la mission STS-122 : Stephen Frick, Alan Poindexter, Stanley Love, Leland Melvin, Rex Walheim et les astronautes européens Hans Schlegel et Leopold Eyharts.
 
 
Dans la soute d'Atlantis se trouve Laboratoire Scientifique de l'ESA Columbus, qui doit devenir un élément important de la Station Spatiale Internationale en s'arrimant à celle-ci.

Le 9 février, Atlantis s'arrime à l'ISS et deux jours plus tard, le module Columbus est à son tour mis en place.
Ses utilisations scientifiques sont multiples et portent sur la science des matériaux, la physique des fluides, les sciences de la vie, la physique fondamentale et de nombreuses autres technologies. Plusieurs centaines d'expériences par an sont réalisées au sein de Columbus.
La mise en fonctionnement du laboratoire permet à l'ESA de disposer de la possibilité d'utiliser 6 à 7 % de tous les équipements et des ressources de l'ISS.
Mais le plus important est le fait que les chercheurs européens peuvent désormais y mener des expériences scientifiques en continu et non plus, au coup par coup, selon les disponibilités des autres copropriétaires

Ce module était attendu depuis longtemps sur l'ISS. Prévu pour 2004, sa mise en place a été reporté après l'accident de la navette Columbia. La mission STS-122 devait partir à l'origine en décembre 2007, mais un nouveau report conduisit celle-ci à décoller le 7 février.

Il aura fallu 3 EVA pour le rendre totalement opérationnel.
 
(Photos de l'EVA de hans Schlegel lors de la préparation opérationnelle de Columbus)
La participation de l'ESA à l'ISS est entérinée en 1995 avec la fourniture d'un module pressurisé, Columbus à celle-ci. Réalisé d'abord par la DASA, c'est EADS Astrium, à Brême, qui en est le maître d'oeuvre (en intégrant la DASA) avec l'ESA.

Le module Columbus est gros cylindre de 6,84 mètres de long pour 4,49 de diamètre. Il pèse 10,220 tonnes à vide et 21 tonnes à pleine charge. Il est fixé à l'ISS via le node Harmony (comme Destiny et Kibo). Il possède un volume interne de 75m3 et trois personnes peuvent y travailler.

Le laboratoire Columbus est contrôlé depuis le sol par le Centre de Contrôle (GSOC) d'Oberpfaffenhofen en Allemagne.
 
 
Il y a 5 installations internes :
  • le Biolab. Cette installation comprend des expériences sur des objets vivants: micro-organismes, cultures de cellules, plantes et petits insectes.
  • l'équipement européen de modules de physiologie. Il va permettre d'étudier les effets de l'impesanteur sur le corps humain et sur son système immunitaire.
  • le laboratoire en science des fluides. Il permet d'étudier le comportement des métaux et des liquides légers ainsi que la fusion d'alliages et de semi-conducteurs.
  • le laboratoire modulaire pluridisciplinaire EDR (European Drawer Rack ou étagère à tiroir européen). Des tiroirs vont pouvoir accueillir différentes expériences de disciplines diverses, dans des rangements standardisés.
  • le transporteur européen. Il servira de rangement et de plan de travail.
Il y a également deux charges utiles externes installées :
  • SOLAR, qui étudie l'activité solaire et son impact sur le climat grâce à trois instruments :
    • SOLSPEC pour les rayonnements allant des ultraviolets à l'infrarouge
    • SOVIM, qui étudie l'irradiance du Soleil
    • SOL-ACES, qui mesure l'ultraviolet lointain.
  • European Technology Exposure Facility (EuTEF), qui comprend 9 dispositifs expérimentaux pour l'étude du comportement de divers matériaux dans l'environnement spatial.
Le module Columbus aura coûté environ 1,3 milliards d'euros (800 millions pour le développement et 500 millions pour le lancement et les expériences).
 
(Devant le simulateur Columbus du Johnson Space Center à Houston)