mercredi 21 janvier 2015

Rencontre avec l'astronaute Scott J. Kelly


Scott Kelly est un ancien pilote d’essais de l’US Navy.


Il est sélectionné comme astronaute par la NASA en 1996 dans le groupe 16.

Il a un frère jumeau, Mark, qui a suivi exactement le même parcours de pilote d’essais et qui est aussi devenu astronaute en même temps que lui.
(Scott et Mark Kelly - ou bien Mark et Scott Kelly ;-) / Crédit : NASATV )

Scott Kelly a été pilote de la mission STS-103 en 1999, puis commandant de la mission STS-118 en 2007. 
Il a également effectué un vol de longue durée à bord de l’ISS entre 2010 et 2011 (Expedition 25/26).
Il a, à ce jour, passé 180 jours 01 heures et 51 minutes dans l’espace.


En mars 2015, il s’envolera pour une mission d’un an à bord de l’ISS (ISS 1 YEAR) avec le cosmonaute Mikhail Kornienko (voir son interview ici :


Le 18 décembre 2014, il était à Paris, à l’UNESCO, pour présenter la mission.
Voir le sujet ici :



Entretien réalisé à l’issu de cette présentation à l’UNESCO.

Quel(s) souvenir(s) avez-vous de votre premier décollage lors de la mission STS-103, dont nous fêtons les 15 ans dans quelques jours. Quelles sensations avez-vous eu ?
Le temps était parfait ! J’étais impatient de partir, j’étais fin prêt !
Les secousses au décollage, je m’en souviens ! Au moment de la mise à feu des réacteurs, des boosters, cela secoue pas mal.
On a l’impression de monter lentement au début, puis on accélère, accélère … et plus on accélère, cela secoue de moins en moins.
J’ai à peine senti la séparation des boosters. Je me souviens du grand flash vu depuis le cockpit.
Six minutes après, on était en Zéro G, on était en apesanteur ! 
Je n’y croyais pas … c’est Curt (Brown, le commandant) qui me l’a dit (… rires).


Revenons à cette mission d’un an dans l’espace. A quoi pense-t-on avant de partir pour un an ?
A ses factures … (…rires). Sérieusement, il faut que tout soit clean.

Les examens médicaux semblent et vont être nombreux pendant cette mission (…)
(…) oui, très nombreux !

Pendant cette période, je vais faire toutes sortes de prélèvements : sang, urine, salive, peau, excréments … et toutes sortes d’examens comme mon cœur, mes artères carotides, mon larynx, mon pharynx, mes yeux, etc … 
Je vais être un des hommes les plus médicalement surveillé au monde (…rires), mais ce qui me rassure, c’est que Mark aussi (son frère jumeau) fera tous ses examens (…rires).



Crédit : Stéphane Sebile / Space Quotes - Souvenirs d'espace
             Spacemen1969

dimanche 18 janvier 2015

La mission SMAP - 2015


LA MISSION SMAP

Le 29 janvier prochain (sauf report), doit s’envoler la mission spatiale SMAP depuis la Base de Vandernberg en Californie. Elle sera lancée par une Delta II depuis le pad de tir SLC 2W.

La mission SMAP (Soil Moisture Active and Passive mission) est une mission de la NASA chargée de mesurer l’humidité du sol terrestre ainsi que de son état (gel-dégel) à l’aide d’un satellite de télédétection.



Placé sur une orbite géosynchrone, SMAP couvrira la quasi-totalité du globe terrestre et repassera  au-dessus des mêmes zones tous les 2-3 jours afin d’effectuer des mesures très précises. 
Additionnées et couplées avec les modèles hydrologiques actuels, ces  mesures devraient permettre de déduire les conditions et taux d’humidité au sol des zones choisies.
Hydrologie, météorologie, climatologie, agriculture, et aussi humanitaire, gestion des risques et catastrophes, lutte contre les maladies, sont les retombées auxquelles SMAP devraient pouvoir permettre accéder.



Ces mesures permettront :

- Estimer de façon globale la quantité d’eau et les flux d’énergie à la surface du sol terrestre
- Comprendre les processus qui unissent l’eau et les cycles énergétiques et carbonés
- Améliorer les capacités de prévision météorologiques et climatiques
- Quantifier le flux net de carbone dans les régions polaires
- Prévision des inondations et gestion des sécheresses.
- Prévention des glissements de terrain
- Amélioration des prévisions de rendements agricoles et meilleure gestion de l’eau utilisée pour l’agriculture
- Meilleure gestion des catastrophes, et notamment de la famine en prévenant les risques de sécheresse
- Prévision et prévention pour la propagation des virus dans certaines zones


Deux instruments scientifiques seront embarqués pour cette mission :

- Un radiomètre passif en bande L
- Un radar actif à faisceaux polarisés multiples, en bande L et sur une fréquence de 1.20-1.41 GHz

Un grand réflecteur parabolique de 6 m de diamètre sert d’antenne unique pour le radiomètre et le radar.


La détection pourra se faire sur 5 cm à l’intérieur de la surface, même avec une végétation modérée. Les mesures actives et passives, résolution spatiale du radar et précision du radiomètre, donneront des estimations précises de l’humidité du sol et de son état en gel-dégel.

La mission est gérée par le Jet Propulsion Laboratory (JPL) et par le Goddard Space Flight Center (GSFC) et fait partie du programma global d’observation de la Terre de la NASA, Earth Science Decadal Survey (ESDS).

La mission est prévue pour durer trois ans.

Le site de la mission : http://smap.jpl.nasa.gov/


Space Quotes – Souvenirs d’espace a été sélectionné par la NASA pour faire partie des heureux privilégiés qui suivront les opérations de lancement et le lancement depuis la Base de Vandenberg dans le cadre du NASA Social Team.
J’essaierai donc de vous faire vivre ce lancement depuis là-bas.



Crédit : NASA / SMAP



vendredi 9 janvier 2015

Hommage au pilote d'essais NASA Thomas ''Tom'' McMurtry (1935-2015)


Thomas C. ''Tom'' McMurtry nous a quitté ce 3 janvier 2015 à l'âge de 79 ans.


Tom McMurtry entre dans l'US Navy et devient pilote en 1958.
Il deviendra par la suite pilote d'essais (diplômé de Patuxent River) de l'US Navy pour Lockheed Corporation avant de devenir pilote d'essais et de recherche de la NASA en 1967.

Il aura, au cours de ses 32 ans de service pour la NASA, une carrière exceptionnelle. 
Il sera pilote et chef-pilote de plusieurs projets d'avions expérimentaux et volera sur une centaine d'appareils, totalisant plus de 11 000 heures de vol.

Il sera chef-pilote pour les tests des appareils AD-1 Oblique Wing (Il effectue le premier vol de cet appareil conçu par Burt Rutan), KC-135 Winglets, F-15 DEEC, et le F-8 SCW.



Il sera pilote aussi du F-8 DFBW, et de plusieurs appareils pilotés à distance (ancêtres des drones actuels). Il pilotera des avions mythiques comme le U-2, le YF-12C et le F-104.


Il sera pilote du X-24B et effectuera le dernier vol de ce programme le 26 novembre 1975.

(Dernier vol du X-24B accompagné d'un F-104)

Il est co-pilote dans le programme Boeing 747 SCA (Shuttle Carrier Aircraft) et effectuera tous (ou presque) les tests au sol et en vol avec la navette Enterprise. Il sera le co-pilote des 5 vols-test ALT d'Enterprise en 1977.

(1er Vol ALT avec équipages Enterprise et Boeing 747 SCA)
(4ème vol ALT Enterprise signé par l'équipage du Boeing 747 SCA)
Il pilotera plusieurs fois le Boeing avec une navette sur son dos entre 1981 et 1999, date à laquelle il prend sa retraite.

Il sera le chef-pilote du Boeing 747 lors de la tournée d'Enterprise en Europe notamment lors de son passage au Salon du Bourget 1983 (j'avais eu la chance de le rencontrer pour la première fois là-bas).
Le survol de Paris avant d'arriver au Salon est resté dans beaucoup de mémoires, notamment à Roland-Garros :
Survol de Paris par la navette Enteprise en 1983 (cliquez sur le lien en jaune)


Rétrospective du programme X-24B (cliquez sur le lien en jaune)




Crédits : Collection et photos Stéphane Sebile / Spacemen1969
               Space Quotes - Souvenirs d'espace
               NASA

vendredi 2 janvier 2015

Rencontre avec le cosmonaute Mikhail Kornienko



Mikhail Kornienko est ingénieur en mécanique aéronautique et spatiale.
Il a été même un temps membre de la police de Moscou après son service militaire avant de continuer ses études.

Il travaille d’abord au Cosmodrome de Baïkonour comme ingénieur spécialiste préparation lancement puis dans les équipes au sol qui ont préparé le vol de Bourane et qui se sont occupés de Bourane après son atterrissage.
Il entre en 1995 chez Energia et y travaille comme ingénieur pour la préparation des EVA lors de l’entrainement des cosmonautes.

En 1998, il est sélectionné comme cosmonaute par Energia.

Il effectue sa première mission spatiale en 2010 en restant six mois dans l’ISS lors d’Expedition 23-24.
(vous pouvez lire aussi l’interview de son commandant Alexandre Skvortsov :



En 2013, il est nommé membre de l’équipage ISS 1 YEAR qui doit partir en mars 2015.
Voir article de Space Quotes – Souvenirs d’espace à ce sujet, lors de la présentation de la mission par l’équipage à l’UNESCO à Paris le 18 décembre 2014.

(Scott Kelly et Mikhail Kornienko, l'équipage qui va passer un an à bord de l'ISS)
A ce jour, il a passé 176 jours 1 heure 19 minutes dans l’espace.


Entretien réalisé lors de la présentation de la mission ISS 1 YEAR le 18 décembre dernier à l’UNESCO.
Merci encore à lui d’avoir accordé quelques minutes pour cet entretien où il vient nous parler de sa formation, son vol passé.
Pour sa mission d’un an dans l’ISS, lire le sujet consacré à la mission ISS 1 YEAR.


Mikhail Kornienko, pourquoi avoir voulu devenir cosmonaute ?
J’ai toujours rêvé d’être cosmonaute !
Tous les petits garçons de mon âge (ndlr = il est né en 1960) voulaient être cosmonautes.
L’exploration spatiale débutait. Youri Gagarine était notre héros. J’ai grandi avec Gagarine.
En plus, j’étais fils de pilote militaire d’hélicoptère (ndlr = son père et son équipage se sont tués lors d’une mission de sauvetage héliporté lorsqu’il était un jeune enfant).
Il n’y avait donc aucune raison que je ne rêve pas d’être pilote cosmique, cosmonaute.

Est-ce vrai qu’enfant, vous avez étudié dans une école de jeunes cosmonautes ?
Oui, tout à fait !
C’était à Tcheliabinsk, et il y avait un lycée qui s’appelait ‘’Young Cosmonaut School’’ et qui nous enseignait le pilotage, la navigation, le parachutisme. C’était des écoles qui ouvraient vers une carrière militaire, pour ceux qui voulaient.
J’y ai fait mon premier saut en parachute à l’âge de 16 ans …

Entre votre sélection et votre 1er vol, il a fallu attendre douze ans. Comment fait-on pour patienter, ne pas se décourager, et qu’avez-vous fait pendant ce temps-là ?
On croit très fort en ses chances d’aller dans l’espace !
On se prépare intensivement, très intensivement pour partir.
En fait, on est tellement occupé, que cela passe très vite !


Quelles sensations avez-vous éprouvées lors du décollage ?
Plusieurs chutes ! Avec des coups de pieds aux fesses qui vous propulse toujours plus haut et toujours plus vite ! Avant un grand calme !


Quel(s) souvenir(s) avez-vous de votre EVA ?
C’était absolument extraordinaire !
J’étais bien préparé – cela a été un petit peu plus compliqué que prévu mais tout s’est bien passé (ndlr = préparation du module Rassvet – MRM).
Mais j’étais content et très excité de la faire. Un grand moment de cette mission.


Remerciements : ESA / Roscosmos

Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
             Space Quotes – Souvenirs d’espace

(Roman Romanenko et Mikhail Kornienko)


jeudi 1 janvier 2015

Disparition du cosmonaute Boris Morukov (1950-2015)


Boris Morukov nous a quitté ce 1er janvier à l'âge de 64 ans.



Médecin de formation et travaillant à l'Institute for BioMedical Problems (IMBP ou IBMP), il avait été sélectionné comme cosmonaute-médecin en 1976 puis comme cosmonaute-chercheur en 1989 par l'agence spatiale russe. Il termine son entrainement en 1992.

Boris Morukov était un spécialiste de la médecine spatiale des vols habités et a été le médecin-support au sol de plusieurs missions spatiales avec des cosmonautes que ce soit dans MIR ou en vols navette.

Entre 1998 et 1999, il suit une formation de Flight Surgeon au Johnson Space Center.

Il avait effectué une mission spatiale, STS-106, avec la navette en septembre 2000 (il avait été originellement affecté à la mission STS-101 avant le changement d'équipage). Cette mission prépare l'arrivée du premier équipage permanent sur l'ISS (Expedition 1 en octobre de la même année).

Il passe 11 jours 19 heures et 10 minutes dans l'espace.



(Patch originel de la mission STS-101)
(Equipage originel de la mission STS-101 avec Boris Morukov)
Il était également un des responsables de la mission de simulation martienne Mars-500 et avait participé au processus de sélection et de préparation de la mission longue durée sur l'ISS prévue à partir de mars 2015 : ISS 1 YEAR.

(Préparation de Mars-500 / Photo 2009 avec Boris Morukov 2ème en partant de la droite / Crédit : ESA)
(Boris Morukov à droite lors conférence presse sur Mars-500 en 2010 / Crédit : IMBP)

Crédit : NASA
             Stéphane Sebile / Spacemen1969
             Space Quotes - Souvenirs d'espace